En 1982,
sortait sur les écrans un film qui changea à jamais le
cinéma SF.
Alors que
l’action du roman de Philip K. Dick se déroule à
San Francisco, en 1992, le réalisateur Ridley Scott
décide d’introduire son personnage principal dans le Los
Angeles de 2019. Dans ce lieu, la nature a quasiment disparu à
la suite des guerres radioactives. Cette pollution incite le
gouvernement à prendre des mesures de colonisation en
organisant des exils vers la planète Mars. Les voyageurs sont
accompagnés d’androïdes appelés Replicants.
Créés par la Tyrell Corporation, ces robots
perfectionnés effectuent les tâches les plus dangereuses
sur les chantiers lorsqu’ils n’étaient pas
utilisés pour des missions militaires. Lawrence G. Paull
conçut pour le film Blade Runner un nombre
impressionnant de décors. Toute l’équipe artistique
s’inspira de l’univers cyberpunk de Syd Mead et de
Moebius. Ridley Scott qui avait déjà travaillé avec
Moebius sur Alien, voulait que l’artiste le rejoigne
sur son nouveau projet mais ce dernier fut contraint de refuser car
il avait déjà un contrat en cours.
Chinatown :
L’histoire
de Blade Runner débute dans le Chinatown de Los
Angeles. Assis à un petit bar/restaurant chinois, Deckard
(Harrison Ford) prend un repas quand il est interrompu par des
inspecteurs de la police. L’ambiance de cette scène
devait montrer d’emblée une population pluriethnique.
L’un des deux policiers donnent l’ordre à Deckard
de le suivre dans une langue qu’il ne connaît
pas.
La Tyrell
Corporation :
Deckard
pénètre au coeur de la Tyrell Corporation et rencontre
Rachael (Sean Young). Cet endroit esthétiquement sobre et
spacieux, est à l’extrême opposé des rues de
Los Angeles où tout est chaos. Les sculptures et autres
ornements indiquent un raffinement qui est quasi inexistant dans la
ville. Derrière les bâtiments industriels, le soleil
tente de percer les sombres nuages. C’est l’une des
rares fois dans le film où l’on peut contempler cet
astre dont les lueurs sont retenues par la pollution.
Les quartiers
chauds :
Deckard se rend
dans un club exotique pour y intercepter Zhora (Joanna Cassidy),
l’une des Replicants. Lors de la poursuite, on découvre
des rues humides jonchées de détritus et de carcasses
jusqu’à ce que les personnages atteignent un boulevard
central inondé de monde. Toute cette activité devait
souligner une ville asphyxiée par sa structure et sa
démographie. Les néons ne font que cacher des
façades anciennes. Ce quartier reste à l’écart
des centres développés industriels de la Tyrell
Corporation, cet aspect marquant un fossé entre les
différentes classes de population.
Une ville sous
la pluie :
Sur le toit
d’un immeuble, Deckard tente de fuir le Replicant Roy (Rutger
Hauer). Dans cet endroit ténébreux où la pluie ne
cesse de tomber, les rares lumières essaient de survivre
à travers les ventilateurs et les fumées. Ce design
mêlant tous ces éléments fut utilisé à
maintes reprises par la suite dans le cinéma SF.