En octobre 2002
sortait sur les écrans Minority Report. A cette
époque, Steven Spielberg s’intéresse à des
sujets qui l’amènent à aborder des styles visuels
différents. L’histoire de ce film de science fiction qui
s’inspire d’une nouvelle de Philip K. Dick, se
déroule en 2054, une année qui voit naître un
système de lutte contre les crimes de la société.
Cette technologie très avancée a la particularité
d’anticiper les violences qui seront ainsi arrêtées
à temps par des unités d’élites
spéciales.
Le monde de
Minority Report est très similaire au notre à
l’exception de certains éléments futuristes qui
apparaissent à l’écran. Toute l’équipe
de la production comprenant notamment le scénariste Scott
Frank (Get Shorty) et le chef décorateur Alex
McDowell (The Crow), se réunit dans une chambre
d’hôtel de Santa Monica pour étudier le style
visuel désiré par Steven Spielberg. Les débats
entamés se portent immédiatement sur
l’évolution de chaque secteur de métiers en
particulier ceux de la médecine, de l’architecture et de
la technologie.
« Nous
avons évoqué ensemble l’avenir de notre
société d’ici vingt à trente ans, son
évolution, ses nouvelles tendances et leurs conséquences,
dit Alex McDowell. (…) La technologie de Minority
Report est « bénigne », elle ne vise
qu’à créer un monde meilleur, plus fonctionnel,
plus convivial. Elle a mis au point des bureaux entièrement
mobiles et intégré dans notre organisme
l’ordinateur et le téléphone. (…) Steven
n’a pas forcé la main du spectateur. Il se refuse à
tout manichéisme. Il souhaite simplement que le public
reconnaisse dans Minority Report une extension du monde
actuel. (…) Steven m’a donné des consignes
précises, procédant d’un rejet systématique de
toute imagerie S.F. traditionnelle ou par trop fantastique. Le
challenge, passionnant, consistait à créer un monde aussi
réel et vraisemblable que possible. (…) La
diversité de ses décors et environnements a fait de ce
film une formidable expérience. Nous avons conçu une
esthétique urbaine éclectique, allant du style
« Fédéral » le plus austère
à une architecture non linéaire, dans l’esprit de
Frank Gehry. (…) La Précrime affiche sa transparence.
Elle prétend n’avoir rien à cacher, alors
qu’elle dissimule en son sein le plus grand des
mystères : ses trois Pré-Cogs. A
l’extérieur du bâtiment se trouve un monument
dédié à ces médiums. Le public ne les a jamais
vus, ne sait rien d’eux, mais les vénère, en raison
des bienfaits quotidiens qu’ils dispensent à leur
société. La Précrime encourage, bien sûr, ce
culte, symbolisé par une grande sculpture officielle de style
typiquement Washingtonien. (…) La scène de
l’immeuble sondé par des araignées robotiques
était un énorme défi pour les décorateurs et
machinistes, mais nous avons été considérablement
aidés par les animatiques 3D de Pixel Liberation Front, qui
nous ont permis de répéter minutieusement ce plan en
prédéterminant aussi bien la trajectoire de la grue que
les éclairages et les positions des acteurs. (…) Dans la
séquence d’action de l’usine de voitures, nous
sommes partis de l’idée que le matériau de base de
ces véhicules du futur ne serait plus le métal, mais une
résine profilée et rigidifiée au laser. Cette
scène, comme bien d’autres, demanda une étroite
coopération entre déco, effets spéciaux, effets
visuels et cascades. Nous avons commencé par définir la
structure de la chaîne de montage, puis avons transmis nos
plans aux responsables des effets spéciaux qui les ont
adaptés aux besoins concrets du tournage. Sur le plateau, les
robots industriels étaient manipulés par une série
d’opérateurs, auxquels s’ajoutaient les
programmeurs des effets spéciaux, soit au total une vingtaine
de personnes oeuvrant en harmonie dans un gigantesque ballet
mécanique ! » Alex McDowell
©images
Twentieth Century Fox & Dreamworks
Extraits de
Minority Report