Accueil Date de création : 13/06/07 Dernière mise à jour : 13/02/08 16:19 / 230 articles publiés
 

LA LIGNE ROUGE (THE THIN RED LINE). Production design. Reconstituer la guerre de Guadalcanal !  (Univers visuel / Production Design (Décors)) posté le vendredi 21 septembre 2007 17:15

Après 20 ans d’absence sur les écrans en tant que réalisateur, le très discret Terrence Malick revint sur le devant de la scène en 1998 avec le film mythique La Ligne Rouge (The Thin Red Line). Cette œuvre poétique basée sur les écrits de James Jones relate les évènements de la guerre de Guadalcanal, une étape-clé de la guerre du Pacifique. La caméra de Malick suit des soldats qui attendent dans l’angoisse une confrontation inévitable. Ce conflit changera à jamais un paysage pur et paradisiaque.

 

Le retour de Malick constitua un grand évènement à Hollywood. Tout le monde voulait faire partie de cette production. Le réalisateur demanda à Jack Fisk, chef décorateur de Badlands et de La Moisson du Ciel de le rejoindre sur le projet. « Lorsque j’ai su que Terry s’apprêtait à faire un nouveau film, je n’ai pas supporté l’idée qu’il fasse appel à un autre décorateur. Je lui ai donc adressé un fax pour lui dire que j’étais pleinement remis du tournage des Moissons du Ciel et prêt à travailler à nouveau avec lui ».

 

L’île de Guadalcanal ne pouvait pas recevoir à long terme une si grosse production (près de 200 acteurs sans compter les techniciens). L’équipe trouva la location idéale au cœur de la forêt tropicale de Daintree, en Australie, pour tourner la grande partie du film. La végétation dense du Queensland était similaire au paysage de Guadalcanal. Les hautes herbes, cependant, se trouvaient non loin d’un ranch qui posa quelques problèmes à Fisk. « Il fallait constamment éloigner les troupeaux de vaches pour les empêcher de brouter le décor ! Et comme l’essentiel des combats se déroulait dans ces champs, il fallait, pendant cinq mois, entretenir, renouveler et transplanter l’herbe de manière à la faire durer le plus longtemps possible. »

 

La production engagea des Malénésiens des Iles Salomon pour leurs précieux témoignages concernant l’affrontement entre les Américains et les Japonais. Ce choc culturel était fondamental. Malgré les problèmes logistiques, Terrence Malick et Jack Fisk, accompagné d’un anthropologue français, décidèrent de s’installer à Guadalcanal pour y tourner des séquences avec des autochtones. « Nous avons découvert là un peuple généreux et hospitalier, mais aux coutumes quelque peu déroutantes, raconte le chef décorateur. Dans cette société clanique, toutes les décisions sont prises en commun, et il est par exemple très difficile de mettre d’accord les membres d’une même famille en vue de l’utilisation de tel ou tel terrain ». Le paysage naturel de l’île facilita le travail de Fisk, ces terres portant encore les marques des éclats d’obus.

 

Terrence Malick tourna son film dans un vrai village mélanésien. Mais des scènes d’attaques demandèrent la construction d’un village supplémentaire. « La construction d’une maison ordinaire prend ici environ cinq semaines, mais nous avons réussi à en fabriquer une quinzaine en trois jours, au grand émerveillement des Mélanésiens ! L’ambiance générale du film a été dictée en grande partie par le décor naturel de Guadalcanal et la présence militaire, avec comme couleurs dominantes l’olive et le kaki, qui se marient parfaitement. Enfin, nous nous sommes efforcés de donner aux décors – tentes américaines, maisons indigènes, casemates japonaises – un aspect artisanal, « fait main », pour dépeindre avec un maximum de véracité le choc de ces trois cultures dans ce site paradisiaque … »

 

Lorsque l’on parle à Fisk de la méthode de travail de Terrence Malick, le chef décorateur répond : « Terry est hautement imprévisible, et c’est d’ailleurs pour cela que j’aime tant travailler avec lui. Il a une perception totalement originale, un regard différent du notre. Son travail commence réellement lorsqu’il débarque sur le plateau et se trouve face à ses acteurs et figurants. C’est alors que nous entrons en action, déplaçons les accessoires et recréons l’environnement pour le conformer à la vision de Terry. C’est là un processus organique, imprévisible et largement influencé par la qualité de la lumière de John Toll. »

 

Les propos de Jack Fisk proviennent des documents marketing de la Fox.

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Tous les commentaires de l'article:
LA LIGNE ROUGE (THE THIN RED LINE). Production design. Reconstituer la guerre de Guadalcanal !

  • mailtodrugsdreams

    ven 05 oct 2007 22:43

    Je le trouve sublime ce film de TERRENCE mALLIK !! ainsi que la bande originale du film qui est une perle !